ANPE et ASSEDIC vont fusionner en un Pôle Emploi

 

 LES demandeurs d'emploi iront désormais pointer et toucher leurs allocations à Pôle emploi et non plus à l'ANPE ni aux Assedic, le changement de nom de l'organisme fusionné - qui n'a pas encore de logo - marquant une nouvelle étape dans la refonte du suivi des chômeurs.
Après plusieurs mois de réflexion où ont été écartés des sigles comme Noé (Nouvelle organisation pour l'emploi) ou des noms « plus commerciaux » comme Tremplin, c'est finalement Pôle emploi qui a été choisi, deux mois et demi avant la fusion effective des deux organismes.
La CFTC a regretté hier un choix « très coûteux » et « pris par le gouvernement », ce qui réduit le conseil d'administration à une « chambre d'enregistrement ». La CFE-CGC a critiqué son « manque d'originalité ».
Confiée dans le cadre d'un marché public à l'agence Nomen qui avait notamment inventé les marques Vélib'ou Wanadoo, l'opération a coûté 135.000 euros, a indiqué le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, comparant ce montant au budget total de l'organisme de 4,5 milliards d'euros.
Le nouveau logo, qui n'a pas été dévoilé, comportera du bleu, du blanc, du rouge, des lettres en minuscules et des formes arrondies, et devrait être connu sous huit jours, a indiqué le président du conseil d'administration Dominique-Jean Chertier lors d'une conférence de presse.
Aux 135.000 euros, il « faudra rajouter 12 à 13.000 euros par agence pour installer les logos », a affirmé la CFE-CGC.
« Changer de nom, c'est changer d'identité », a déclaré la ministre de l'Economie et de l'Emploi, Christine Lagarde, estimant que les 45.000 salariés de Pôle emploi doivent désormais « se concentrer sur les clients que sont les demandeurs d'emploi
et les entreprises ».
L'accueil et le suivi des chômeurs vont changer (entretien unique d'inscription, référent unique pour chaque chômeur, site internet et ligne téléphonique uniques, etc.) alors que l'Unedic a prévu une hausse du nombre de chômeurs de plus de 40.000 personnes en 2008 et en 2009.
Pour M. Wauquiez qui veut instaurer une « culture de résultats » au sein de Pôle emploi, « à l'horizon de trois ans, la France doit bénéficier du service public de l'emploi le plus moderne et le plus efficace d'Europe ».
« L'avancée de la fusion sera suivie par le biais d'indicateurs, comme le nombre de guichets uniques », a-t-il précisé.
Si le gouvernement vante la simplification et l'efficacité accrue du système pour augmenter le taux de retours à l'emploi, les syndicats estiment que la fusion va dégrader les conditions de travail des agents et le service rendu. Pour le SNU-ANPE, cette fusion est « mise en œuvre à marche forcée » chez les agents, et montre une « volonté d'action coercitive sur les demandeurs d'emploi », notamment à travers l'«offre raisonnable d'emploi ».
Alors que M. Wauquiez annonce « une des plus grosses réformes de service public depuis environ 20 ans » avec des « formations pour 30.000 agents » destinées à développer la polyvalence, les syndicats jugent ces formations « trop courtes ».
« Trois jours pour les agents ANPE, sept jours pour ceux des Assedic », alors que les métiers d'accompagnement « demandent des mois d'apprentissage », selon le SNU-ANPE.
Autre crainte des syndicats (SNU et Sud) et des associations (MNCP, AC, Apeis) qui manifestaient hier matin, la fusion ANPE-Assedic pourrait « renforcer le contrôle des chômeurs » et compliquer leurs démarches avec la multiplication de plateformes téléphoniques.

 
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